Résumé en français du livre Herr Pep (MARTÍ PERARNAU) (2/3)

Guardiola présente comme défaut d’être un « craintif » de tous les instants. L’auteur explique que c’est sans doute en rapport avec sa carrière au Barça, où il jouait milieu de terrain et était la pièce centrale de l’équipe. S’il défaillait, c’est tout le collectif qui en faisait de même. En tant qu’entraineur, c’est pareil et c’est pour ça qu’il préfère jouer les équipes recroquevillés devant leur but : ces dernières sont plus éloignées des cages de son équipe. Pour vaincre cette peur constante, il a développé une clairvoyance, héritée sans doute de Cruyff : être capable d’anticiper les choses avant qu’elles ne se produisent. Après la Supercoupe, la totalité presque de ses joueurs rejoignent leurs sélections nationales et Guardiola se retrouvent à entrainer les joueurs qu’ils restent accompagnés des jeunes de la réserve. Il préféré entrainer les jeunes à tel point que c’est ce qu’il fera dans quelques années. C’est plus gratifiant selon ses dires. Enfin, il en profite pour discuter du domaine médical avec les choses qu’ils aimeraient voir mettre en place notamment avec le docteur Muller-Wohlfahrt… sans réussite lors de cette première saison.

Pour gagner un championnat, Pep voit presqu’une recette ; « Un championnat se perd lors des huit premières journées et se gagnent lors des huit dernières. » En clair, on ne peut être distancé que de quelques points au bout de la huitième journée, et faire que son équipe soit à plein régime avril/mai. Au bout de quatre journées, Dortmund compte deux points d’avance ; le Bayern doit s’améliorer dans l’efficacité offensive (23 tirs par match pour seulement 16 buts sur les 7 derniers matchs !) sans quoi les choses vont mal tourner…

Au Bayern, Guardiola doit s’adapter à son nouvel environnement, et en particulier à l’atmosphère autour du club. Les dirigeants et légendes du club disent les choses sans filtre, et il va en être témoin lors des jours qui ont suivi la Supercoupe d’Europe. Lors de la conférence d’après match, Mourinho fait allusion à une connivence du corps arbitral envers les équipes dirigées par Guardiola (alors que le tacle de Ramires méritait le rouge direct et non un deuxième carton jaune, sic). Le lendemain, Hoeness et Rummenigge montent au créneau pour défendre Pep. Cela contraste avec son épopée barcelonaise où les dirigeants le laissaient esseulés face aux attaques répétés de Mourinho et consorts. On se souvient de la période des 4 Clasicos qui a débouché sur une conférence de presse houleuse au Bernabeu où Pep, échaudé, a fini par répondre à Mourinho et aux médias madrilènes. Ses joueurs l’acclameront à l’hôtel, du côté des dirigeants silence radio… La franchise, c’est aussi le credo de Matthias Sammer qui montera au créneau pour critiquer les performances des bavarois à la sortie d’un match contre Hanovre où ils gagnent 2-0 après avoir dû être bougé une nouvelle fois par Guardiola afin qu’ils sortent de leur « confort ». Toujours dans cette optique, il effectue une causerie à l’aube du premier match de C1 qui va marquer ses joueurs en mettant en avant Mario Mandzukic malgré l’inimitié avouée entre les deux hommes.

Avant ce match face au CSKA, Guardiola doit trouver des solutions pour changer le jeu de son équipe ; lui qui n’est pas d genre à blâmer les autres avant de faire son autocritique, va trouver la formule qu’il pense miraculeuse. Le dimanche soir après avoir passé des heures à revisionner le match de la veille, il expose son idée à ses deux garçons qui acquiescent tout comme son adjoint le lendemain matin au centre d’entrainement. L’idée est d’instaurer un 3-4-2-1 flexible dans lequel les latéraux (Alaba et Rafinha) évoluerait à hauteur des milieux de terrain et viendrait fermer l’axe lorsque le Bayern a le ballon. Fini la possession stérile, le Bayern va exploser son adversaire russe et Schalke lors de la prochaine journée de Bundesliga. Guardiola retrouve le sourire car au-delà des résultats, il voit enfin son équipe allait dans la direction dans laquelle il veut l’amener.

Guardiola est un entraineur qui a plein d’idées, de concepts de jeu qu’il incorpore au fur et à mesure à ses joueurs comme ce fut le cas au Barça. Il sait à peu près le chemin à suivre sur un plan individuel comme collectif, comment développer ses idées et les mettre en pratiques ; la difficulté est, comme c’est le cas depuis des années, la transmission du message entre l’entraineur et son/ses joueur(s). Pep a des difficultés à doser la quantité de messages (de software dixit l’auteur) à fournir à ses joueurs, sachant que chacun d’entre-eux n’a pas les même prédispositions à les comprendre (Lahm/Ribéry).

L’idée du latéral qui devient milieu défensif, Guardiola la détenait lorsqu’il coachait le Barça. Il voulait à terme l’appliquer pour le latéral gauche uniquement (car Alves « n’était pas un prodige de rigueur tactique »). Au Bayern, il a décidé de l’utiliser pour les deux latéraux. Rafinha, est désormais titulaire et permet à Guardiola de faire jouer Lahm dans l’entrejeu. Ce choix, temporaire compte tenu des blessures, pourraient devenir définitif tant le capitaine allemand est convainquant à ce poste. Le latéral brésilien, qui aide parfois Guardiola dans la traduction avec Pizarro,  se réjouit de son temps de jeu et celui de ses co-équipiers en général. Sous Heynckes, les temps de jeu étaient moins réparties et l’équipe commençait à devenir prévisible pour ses adversaires (selon les mots de Rafinha).

« Qué exhibicion ! ». Avant la conférence de presse de fin de match, c’est ce que dira au téléphone Guardiola à un de ses amis. À l’Etihad Stadium, le Bayern va donner un récital (3-1) pendant 80 minutes de jeu. À la 65ème minute, les bavarois effectueront un rondo de 94 passes pendant près de 3 minutes 30 avec les 10 joueurs de champ impliqués et une justesse technique impressionnante. La séquence fut si spectaculaire qu’elle a été mise sur YouTube le soir-même par de nombreux internautes. « Une fête pour les yeux » d’après Rummenigge, « le meilleur football que j’ai vu dans ma vie » selon Hoeness, le « tiki-taka a débarqué en Bavière » pour Matthaus; le Bayern ce soir-là, a mixé le jeu direct de sa version Heynckes avec les préceptes de son entraineur catalan. La performance de Müller en faux numéro 9 a ébloui Guardiola. Ce 2 octobre 2013 fera partie à coup sûr des soirées inoubliables de Guardiola.

Comme beaucoup d’entraineurs, Guardiola n’est pas fan des trêves internationales parce qu’ils en reviennent « étourdis » et il faut les remobiliser. Il fut néanmoins agréablement surpris du choix de Low de titulariser Lahm également dans l’entrejeu avec l’Allemagne. Quatre mois après son arrivée, et alors qu’il en avait immédiatement fait la demande, le Bayern réalise son premier entrainement dans un véritable huit-clos : des rideaux ont été installé autour d’n terrain pour empêcher la vue depuis les hauteurs aux alentours.

Les bavarois sont encore frappés par les blessures ; quand Gotze et Javi Martinez effectuent leur retour, c’est Schweinsteiger qui se ressent de nouveau sa blessure à la cheville. Guardiola est contraint d’innover, comme de faire jouer Contento dans l’axe. L’assimilation de ses concepts se fait lentement mais se voit freiner par toutes ces blessures ; et les joueurs ont la fâcheuse habitude de mieux jouer les secondes mi-temps que les premières. Les entrainements à Säbener Strasse sont toujours aussi intenses (à la grande surprise de Gennaro Gattuso !) malgré la fatigue des joueurs. Chaque entrainement ou presque contient des rondos, qui sont « la bible de Pep », l’exercice à parti duquel se comprend tout son modèle de jeu (récupération, aide et recherche du 3ème joueur, etc.).

Alors que le Bayern est premier au classement, il affronte son dauphin, le Borussia Dortmund (4 points derrière), dans son antre, le Signal Iduna Park. Guardiola craint terriblement les capacités de contres de son adversaire et va adapter sa composition en conséquence (Javi Martinez évoluera plus haut pour presser Sahin). Le score à la pause est nul et vierge entre ces deux équipes gênées par les blessures, un match tactique. Bien que le score soit plutôt positif pour les bavarois, Pep a en mémoire la défaite en Supercoupe et veut porter l’écart à 7 points. Il fait rentrer les deux convalescents Gotze en faux-9 et Thiago dans l’entrejeu. Un ajustement tactique payant puisque le premier va marquer le 1-0 tandis que le second va être à l’origine d’un des deux qui vont suivre. 3-0, le Bayern a frappé un grand coup et file (déjà) vers le titre. Guardiola ne veut pas faire un Barça 2.0 mais il souhaite que son Bayern fasse preuve de la même domination, la même autorité face aux adversaires.

Après un voyage éreintant à Moscou marqué par des retards et la neige, les bavarois s’imposent face à Braunschweig ; c’est l’heure pour eux de retrouver leur famille. Les parents de Pep sont là aussi et le football est encore le sujet principal de la discussion. Pep se réjouit du faible nombre de bus encaissés (7 en 14 matchs de Bundesliga). La blessure de Lahm en Russie donne des maux de tête à Guardiola : qui pour le remplacer ? Thiago jouera à ce poste contre Augsburg, Javi Martinez peut y jouer. Lors de quart de finale de Copa, le Bayern retrouve Ribéry mais perd Robben qui se blesse à la quinzième minute. Lui qui a atteint un niveau stratosphérique et qui enchainait les matchs, se retrouve sur le flanc pendant près de deux mois. A l’heure d’étudier le match face au Werder, Guardiola a une discussion avec Ribéry à propos du rôle de faux-9 qu’il veut lui faire lentement assimiler. Il souhaite que le français évolue comme il le fait sur son côté gauche, mais davantage dans l’axe de sorte à ne pas être « contraint » par la ligne de touche et d’être plus libre dans ses mouvements.

En visite au Werder Brême, le Bayern inflige aux locaux un retentissant 7-0 (pire défaite de leur histoire à domicile) et Ribéry, dans un poste pratiquement de faux-9 a brillé. Dans le même temps, Dortmund s’incline à domicile contre Leverkusen ce qui les repousse à 10 points des munichois. S’il y a bien une chose que Pep n’apprécient pas, c’est le relâchement de ses joueurs ; ils pardonnent les erreurs, lui-même en a fait quand il était joueur. C’est pour ça qu’il apprécie des joueurs comme Mascherano ou Neuer, des mecs qui ne lâchent rien de la première à la dernière minute d’un match. Dans la continuité du match face au Werder, le Bayern entame de bien belle manière son opposition face à City, à l’Allianz Arena cette fois. Mais l’équipe se relâche (à l’image de la charnière Dante-Boateng) et va encaisser 3 buts ; un quatrième verrait le Bayern se faire devancer au classement de la poule de LDC… Alors que les bavarois restent inoffensifs après le 3ème but, les citizens ne donnent pas l’impression de se jeter sur le but adverse pour marquer ce dernier but ; ils ne seraient pas au courant qu’il est synonyme de première place de la poule !! Irrité, Pep va montrer un autre visage en conférence de presse et va finalement laisser aux joueurs faire leur autocritique de ce relâchement coupable. Après une dernière victoire à domicile contre Hambourg où la paire Thiago-Gotze a émerveillé, le Bayern prend le large en Bundesliga. Invaincu lors des 41 derniers matchs de Bundesliga, le Bayern a ponctué une année 2014 gigantesque et peut désormais aller conquérir un autre titre : celui du Mondial des Clubs à Marrakech.

Les bavarois ne feront pas de détail au Maroc ; deux victoires aisées, en ouvrant la marque très tôt à chaque fois. Le Bayern, tout comme Pep, obtiennent leur troisième coupe intercontinentales dans une atmosphère de ferveur totale (qui ferait penser à Barcelone les soirs de titre).

Au Bayern, Guardiola n’est plus le même ; il peut se concentrer pleinement sur son métier et se sent soutenu par l’équipe dirigeante. Lui qui avait parfois l’impression d’être président au Barça se sent bien en Allemagne et il en est de même pour sa famille. D’un point de vue footballistique, l’Allemagne l’a aussi changé, il a dû développer de nouvelles idées, en changer certaines, etc. De la Bundesliga et de on Bayern, Pep dénote cinq aspects principaux : les capacités de contre-attaque de tous ses adversaires, la taille moyenne des joueurs sensiblement plus élevée et ce qu’elle implique (alors qu’au Barça il coachait des nains), la nécessité d’effectuer un pressing encore plus intense à la récupération pour casser les contres), le double pivot dans l’entrejeu est pour l’instant préféré au milieu défensif unique compte tenu des joueurs à sa disposition et le jeu de son équipe qui passe davantage sur les côtés qu’au Barça. Les joueurs reprennent l’entrainement par un stage à Doha après deux semaines de vacances qui leur ont fait le plus grand bien après une année 2013 chargée.

Le Bayern Munich entame l’année 2014 par une convaincante victoire 2-0 sur le terrain de Borussia Mönchengladbach à tel point que Guardiola répète la même formation au match suivant pour la première fois de la saison (en cause également les blessures et l’attitude de Mandzukic à l’entrainement). Face à Stuttgart, les choses ne tournent pas aussi rondes ; le Bayern est malmené à la pause un but à zéro. À la pause, Guardiola bouscule ses habitudes, effectue deux remplacements et souhaite voir son équipe jouer plus direct avec un 4-2-3-1 inhabituel. La recette prend, et le Bayern va finir par remporter le match à la 93ème minute sur une bicyclette magique de Thiago Alcantara, qui marque son premier but sous ses nouvelles couleurs. L’auteur le dénomme le but du titre mais ce n’est pas de l’avis de l’entraineur catalan. Après avoir célébré 5 minutes dans le vestiaire la victoire arrachée à la dernière seconde, Guardiola n’est pas euphorique : le titre n’est selon lui pas encore gagné (malgré les 17 points d’avance sur Dortmund !), il faut vite récupérer les blessés, remotiver Mandzukic, gérer le cas de Kroos et de sa revalorisation salariale et penser au match d’Arsenal.

Comme avant chaque mach, Guardiola et son staff analysent précisément le jeu de leur adversaire et les joueurs ont droit en général à trois causeries d’avant match. La première a lieu la veille et va concerner le jeu offensif de l’adversaire, du comportement des meilleurs joueurs ; l’entrainement qui suit va servir pour travailler sur ce qui a été mentionné lors de celle-ci. La suivante a lieu avant l’entrainement matinal le jour de la rencontre. La stratégie offensive et défensive du rival est détaillé, et particulièrement ce qui concerne les coups de pied arrêtés. La composition d’équipe n’est toujours pas connue à cet instant ; elle le sera lors de troisième et dernière qui a toujours lieu dans l’hôtel de concentration. On y discute uniquement de la stratégie d’attaque, de comment sera tiré le premier corner et le premier coup franc direct mais elle est avant tout motivationnelle. Celui qui gère l’analyse du rival et de ses propres joueurs, c’est Carles Planchart, qui suit Pep depuis qu’il entraine le Barça B. Après chaque match, une analyse de la prestation collective mais aussi de chaque joueur est transmise sur l’ordinateur de Pep, en plus du match complet. En ce qui concerne le rival, Planchart travaille deux semaines en amont de sorte à ce que Pep puisse travailler lors des entrainements de la semaine ou des jours qui précédent le match. En Bundesliga, chaque match est filmé en plan large et les bandes sont transmises les lundis qui suivent les rencontres ; on ne considère pas ça come de l’espionnage et il arrive même que des clubs s’échangent leur vidéo. Pendant les matchs, une équipe d’analyste envoient des photos directement sur l’IPad d’un adjoint. Ils peuvent voir des choses différentes, avec une autre perspective. À la pause, ils vont discuter de cela avec Pep pour décider des 4-5 choses principales à communiquer aux joueurs et Guardiola essaient de trouver des solutions pour  remédier. Ils rentrent dans le vestiaire des joueurs 6-7 minutes avant le coup d’envoi de la seconde mi-temps pour faire le topo.

Le Bayern retrouve l’Allianz Arena le 2 février, sept semaines après son dernier match. Les supporters chantent alors « Champion en Mars ! ». Durant les mois de février-mars, le Bayern enchaine les victoires dans les trois compétitions auxquels ils sont encore en lice, malgré la mise sur le banc de Kroos pendant 2 matchs (suite à une mauvaise réaction à un remplacement en cours de match. Le stage au Qatar a porté ses fruits), les joueurs fournissent des efforts considérables et sont capable d’aligner des matchs « de possession » tout comme du jeu direct. Le 4 février, Guardiola peut compter enfin sur toute son équipe excepté Badstuber : ça ne durera qu’un jour puisque Ribéry doit de nouveau se faire opérer du dos.

Un des adjectifs qui qualifierait Pep serait sans doute « obsessif ». Même lors de son année sabbatique à New York, il a assisté  à des cours de son ami Xavier Sala i Martin avec un intérêt pour la communication individualisée, l’utilisation des réseaux sociaux (Twitter)…  Mais résumé Pep a quelqu’un d’obsessif serait une erreur, tant l’homme est complexe et Thiago le connait bien, lui qui a reçu quelques broncas mais aussi des gestes d’affections.

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