Résumé en français du livre Herr Pep (MARTÍ PERARNAU) (3/3)

Selon beaucoup d’observateurs, le Bayern s’est vraiment mis à l’ère Guardiola après le Mondial des Clubs au Maroc. Il a fallu bien prendre le temps de se connaitre et « effacer » le triplé que l’équipe de Jupp Heynckes. D’ailleurs, le fait de savoir dès janvier que leur entraineur serait remplacé, a joué dans les têtes et a davantage rapproché leur joueur de leur coach allemand. Ils ont aussi été excités par l’arrivée de Guardiola, si bien que la plupart (et même les trentenaires) se sont vites adaptés à ses méthodes. Certains joueurs sont fiers d’annoncer qu’ils sont des « joueurs de Guardiola » à leur entourage, ce qui est inhabituel dans le métier. Nous sommes mi-février et le Bayern va retrouver la Ligue des Champions, le titre de Bundesliga quasi en poche (Guardiola avouera à l’auteur qu’il démissionne s’ils ne finissent pas champions).

À l’Emirates, Pep Guardiola demande à ses hommes de « congeler » le match lors des 10-15 premières minutes, d’effectuer le tiki-taca qu’il maudit afin de fatiguer les gunners. Le scénario sera tout autre, les bavarois seront incapables de mettre le pied sur le ballon et pire, ils concèdent un pénalty que Neuer stoppera face à Ozil. La suite fut meilleure, le Bayern est plus en contrôle et va lui aussi manquer un pénalty avant la pause. Face à une équipe réduite à 10, Guardiola apprend de ses expériences passées et n’empilent pas les attaquants comme il a pu le faire au Barça ; là il préfère densifier l’axe. Arsenal ne va effectuer qu’une trentaine de passes lors de cette seconde période dans laquelle les allemands vont inscrire deux buts. Toni Kroos a réalisé ce  jour-là un match purement parfait.

Contre Wolfburg, le Bayern aligne enfin sa paire Robbéry, chose impossible depuis octobre. Si les résultats n’ont pas été ternis par ces absences, c’est grâce au milieu de terrain et sans doute à Lahm (cf titre du chapitre (« La Bundesliga au nom de Lahm »). La meilleure formule aura été le trio Lahm-Thiago-Kroos, Gotze étant trop timide et Schweinsteiger vivant une saison cauchemar au niveau des blessures. Pep compte néanmoins sur ce dernier, et n’a pas hésité à le titulariser quand il pouvait, ce qui signifie à remettre Lahm au poste de latéral droit. A l’image de l’institution du Bayern, Guardiola protège ses joueurs et les soutient dans la difficulté.

En vue du match retour contre Arsenal, Guardiola est en plein doute sur la manière d’aborder ce match. Attaquer ou contrôler ce 2-0 obtenu à l’aller ? Grosse interrogation aussi entre Schweinsteiger et Kroos, les deux veulent jouer mais ne sont pas à 100%. Pep décidera d’aligner Bastian et optera pour le contrôle du match. Au terme d’un match moyen, le Bayern obtiendra sa qualification (1-1) et Pep se montrera particulièrement ravi de la prestation de son équipe : elle a fait ni plus ni moins le match qu’il attendait dans ce contexte. Une élimination aurait été terrible et aurait rendu très longue la fin de saison, le titre de Bundesliga étant déjà en poche…

Le 12 mars 2014, la sentence est prononcée contre Uli Hoeness, condamné à de la prison ferme pour fraude fiscale. Le Bayern communique dans la foulée, Hoeness accepte la décision de la justice et est contraint de démissionner. Guardiola est le premier à parler publiquement du verdict durant une conférence de presse rempli d’émotions : il lui a réaffirmé son soutien (« Uli est tout dans ce club. Le numéro 1. Il est le club »). Uli Hoeness est devenu un véritable ami pour Guardiola, celui avec qui il partage régulièrement sa vision du football… Le match qui suit fut donc spécial, contre Leverkusen à l’Allianz Arena. Les bavarois gagnent 2-1, et restent invaincus lors des 50 derniers matchs de Bundesliga. Pep vient de battre son record de victoires consécutives (17 contre 16 avec le Barça) et le public rend hommage à Hoeness, avec nostalgies.

Le cas Ribéry inquiète toujours, Guardiola désespère et le français vit une année 2014 noire entre son échec au ballon d’Or, ses démêlés judiciaires et ses nombreuses blessures. Le français prend conscience que son pic de carrière est passé.

Le titre est officiellement glané sur la pelouse du Herta Berlin à sept journées de la fin, faisant de l’équipe munichoise la première a gagné le titre de Bundesliga dès le mois de mars. Contre l’équipe berlinoise, Pep change sa tactique et demande à ses latéraux de prendre leur couloir ; ça répond au marquage individuel des joueurs offensifs adverses, ce qui permet de libérer de l’espace au milieu de terrain. Le titre peut commencer à être fêter ; dans la douche des vestiaires pour commencer avec Ribéry qui inflige un coup de coude involontaire à un adjoint (qui aura deux points de suture) puis ensuite dans un restaurant de la capitale. Organisé secrètement par Schweinsteiger, l’effectif et les compagnes sont tous conviés ; on y verra Guardiola danser pour la première fois, lui qui préfère rester assis et discuter à l’accoutumée. La fête finie, les joueurs n’ont qu’une chose en tête : le quart de finale face à Manchester Utd. Les joueurs ont toujours faim et continuent de se battre pour leur place de titulaire, à l’image de Ribéry qui réalise son meilleur entrainement de l’année selon Guardiola.

Lors de la conférence de presse qui suit, Pep savoure le titre acquis mais fait l’erreur (après coup) de quelque peu démobiliser les joueurs pour les matchs de Bundesliga restants. Hoffenheim arrive à l’Allianz Arena avec de grandes intentions, et comme les équipes précédentes, elle trouve des solutions pour gêner le jeu du Bayern (pression intense des défenseurs centraux à la relance). Gros coup dur pour le Bayern au quart d’heure de jeu, Thiago se blesse au niveau du ligament latéral, ce qui remet en question sa participation au Mondial… Abattu, il reprend du galon le lendemain en promettant à Pep de revenir à temps pour les finales potentielles de Copa et de C1 mais cela paraît utopique.

Les jours de matchs, Pep ne mangent pas beaucoup à tel point qu’une faim vorace survient à la sortie de celui-ci. À table, le football et un sujet récurrent, il fait souvent l’après-match avec cette faculté de se souvenir de chaque action à chaque minute comme le tennisman Rafael Nadal. Il met ses capacités au service d’un « résultadisme » féroce selon l’auteur, comme en témoigne une discussion avec la sélectionneuse de l’équipe U19 d’Azerbaïdjan « Patricia, je ne te donnerais qu’un conseil : toujours les meilleurs, toujours ! » [autant dit aligner toujours les meilleurs joueurs alias ceux qui savent  passer le ballon sans la perdre, quitte à ce qu’ils soient moins « forts ».]

Après avoir gagné ses deux matchs en Angleterre lors de cette saison 2013-2014, le Bayern ne parvient cette fois qu’à obtenir le match nul à Old Trafford. La performance fut globalement bonne et aurait mérité la victoire mais le Bayern n’a pas su concrétisé sa domination par des occasions franches. Elle s’est fait surprendre sur un corner, le quatrième seulement de la saison, ce qui est une statistique honorable pour une équipe de Guardiola abonnée au marquage de zone. Le match qui suit à Augsburg marque la fin de l’invincibilité du Bayern en Bundesliga après 53 matchs. Malgré un turn-over important, l’équipe a montrée des symptômes de décompression.

Pep reçoit alors beaucoup de critiques de journalistes sur son choix de délaisser la Bundesliga et les records possibles pour se concentrer sur la Champion’s League. La composition d’équipe pour affronter Manchester Utd est décidée, et elle sera une nouvelle fois inédite compte tenu aussi des suspensions et de la blessure de Thiago. Pep aligne un 2-3-3-2, inédit pour lui il le confesse mais motivé par le fait de prévoir une équipe mancunienne très regroupé et qui va jouer la contre-attaque. Cette composition est formulée au joueur la veille, chose rare ; Robben, légèrement blessé, est remplacé par Neuer lors de l’entrainement pour ne prendre aucun risque. Ce même entrainement satisfera l’entraineur catalan qui avouera sa confiance à l’auteur.

Le Bayern est qualifié et la joie est de mise dans les travées de l’Allianz Arena ; Pep célèbre également cette accession en demi-finale mais va vite discuter avec son adjoint de la suite des évènements sur la pelouse de l’Allianz. Ils font rapidement le bilan du match et analysent les potentiels adversaires e demi-finale (à noter que Pep préfèrerait tomber sur l’Atletico Madrid). La qualification n’a cependant pas été aisée : à la mi-temps, le score est vierge, le Bayern domine mais n’arrive pas à se créer des occasions franches. Le début de la seconde période est timide, Pep n’arrive pas à obtenir plus d’intensité, de profondeurs dans le jeu de son équipe. C’est un coup de pétard d’Evra qui réveillera les hommes de Guardiola en plus d’ouvrir le compteur et de donner des sueurs froides aux supporters bavarois. Mandzukic égalise dans la foulée, et deux autres buts viennent conclure la victoire allemande.

Contre Dortmund à domicile, le Bayern va subir une lourde défaite, 3 buts à 0, révélateur de la chute libre qu’est en train de vivre l’équipe de Guardiola (et non juste quelques symptômes). À quelques jours d’affronter le Real, le Bayern a perdu son identité, son momentum, au plus mauvais moment de la saison. Guardiola reconnait son erreur, qui n’est pas tactique mais «motivationnel» ; son équipe ne court plus autant qu’il le faudrait. Il va falloir remobiliser les troupes pour la demi-finale de Copa contre Kaiserslautern et essayer de ressortir du positif de cette défaite contre son rival n°1 (comme le fait de n’être plus favori en C1  ou en cas de finale de Copa contre le Borussia…).

Au Bernabeu, le Bayern Munich entame parfaitement le match en appliquant à la lettre les consignes de l’entraineur ; le Real est retranché devant ses buts et des sifflets s’entendent déjà dans le stade. À la 18ème minute et alors que le Real n’a dépassé la ligne du milieu de terrain que 3 fois, une contre-attaque ‘opère et se conclut par un but de Benzema pendant lequel la défense s’est montrée très timide. Le coup est très dur pour les hommes de Guardiola. Ces derniers ont bien réagi à la défaite de Dortmund en gagnant 5-1 en Copa puis 2-0 à Braunschweig, même si dans le contenu l’impression fut mitigée. De nouveaux problèmes se sont greffés entre temps, comme la rechute de Ribéry (son dos qui lui fera déclarer forfait pour le Mondial), la grippe d’Alaba, une gastro qui fera perdre 4 kilos à Javi Martinez ou encore le décès du père de Højbjerg… Le Bayern a ensuite essayé de revenir à la marque, Guardiola a produit des changements qui ont offert moins de contrôle du jeu pour avoir une équipe plus menaçante devant. Le choix aurait pu être payant mais Gotze manque le but de l’égalisation à la 84ème minute de jeu.

Le Real s’en sort bien si on regarde les statistiques mais l’auteur s’étonne des analyses d’après-match qui tendent à montrer que le Real aurait pu marquer un ou deux buts de plus. Cela a résulté en un sentiment de pessimisme ambiant auprès des joueurs et des fans du Bayern alors que le Bayern a réalisé un bon match (comme l’enverra par SMS un joueur du Barça à Guardiola). Avec son staff, Pep refait le match à l’hôtel et discute des possibilités pour le match retour. C’est aussi à ce moment qu’il reçoit l’appel d’un médecin qui lui infrme du délicat état de santé dans lequel est Tito Vilanova…

Le match retour est un cataclysme : le Bayern est humilié sur sa pelouse (4 à 0). C’est la pire défaite de son histoire en Coupe d’Europe, de même pour la courte carrière d’entraineur de Guardiola. La débâcle commence par un corner encaissé à la 16ème minute et s’achève par un coup franc direct astucieux de Ronaldo. Pep s’est trompé et ce depuis une semaine quand il n’a pas suivi son idée première de mettre en place un 3-4-3. Il a décidé pendant le trajet du retour de rester sur un 4-2-3-1 plus familier pour ses joueurs (et qui se transformera en un 4-2-4 le lundi !). Il faut dire qu’il a vécu une semaine difficile avec le décès de Vilanova. Le match contre le Werder peut en témoigner, il est resté assis sur son banc tout le match… Il a aussi été influencé par l’environnement extérieur, et comme contre Dortmund, il a privilégié la passion à la patience. Malgré l’ambiance de l’Allianz Arena, l’équipe ne tourne pas rond et Pep le constate dès les premières minutes. L’équipe n’applique pas les concepts qu’elle s’est évertuée à acquérir (relancer de l’arrière, à savoir avancer grouper, etc.) et elle a été défaillante sur les coups de pied arrêtés ce soir-là. Le passage en 4-3-3 à la pause fut judicieux mais la messe était dite. Le public a sifflé les changements effectués en seconde période, se montre critique envers l’entraineur catalan. Les grandes victoires naissent des grandes défaites il paraît, Guardiola vient de subir sa première « branlée »…

Rummenigge, interviewé par l’auteur réaffirme son total soutien envers Guardiola, affirme que les critiques reçus suite au match aller sont injustes et qu’en Allemagne, on ne se préoccupe pas beaucoup de l’aspect tactique. Il compte sur Pep pour changer la culture football allemande comme il a déjà commencé à le faire (pour preuve, ce sont les allemands de l’effectif qui ont le mieux réagi cette saison). La saison lui a plu en dépit de fracas en demi-finale de C1 ; le titre de champion d’Allemagne reste la priorité et ce même l’année qui suit alors que la finale de C1 se jouera à Berlin. Il faut alors tabler sur le recrutement de la saison prochaine ; Lewandowski a déjà signé. Le Bayern a accéléré sur le dossier une fois qu’il a pris connaissance de l’intérêt du Real en décembre 2013. Rummenigge affirme n’avoir aucun remord à signer un joueur de son rival n°1 et qu’il serait insensé de ne pas s’intéresser à ce genre de joueur sur le marché.

L’entrainement du lendemain se déroule dans une morosité logique mais toujours avec cette intensité qui caractérise les entrainements de Pep. Ce dernier a assumé les responsabilités de la défaite ; il a trahi ses idées en laissant le milieu de terrain dépeuplé. Il l’explique à l’auteur à base schémas tactiques sur une feuille qu’il déchirera, preuve de sa volonté d’oublier le cauchemar. La causerie a lieu dans les vestiaires et voit les joueurs être aux côtés de Pep ; Rafinha, est même en pleurs alors qu’il n’était pas dans le onze face au Real Madrid. Une discussion d’une heure a lieu ensuite entre Guardiola et son capitaine, Lahm qui lui dire « On te soutient à mort, Pep, À mort. ».

Le Bayern fête le titre le 10 mai, une éternité après qu’il l’a mathématiquement glané. La bière coule à flot et sur les têtes de Pep et son staff, mais l’entrainement du lundi se passe dans une toute autre atmosphère : il y a une finale de Copa à préparer contre Dortmund. Thiago est de retour et Pep songe à le faire jouer quelques minutes ; mais de nouveau, le crack espagnol se blesse gravement lors des dernières minutes de l’entrainement et va redevoir passer par la case Hôpital. C’est le jeune Højbjerg qui prendra sa place samedi. Guardiola a durant cette semaine préparé comme un fou ce match, avec des thèmes précis pour chaque journée d’entrainements. Il a aussi annoncé à Mandzukic qu’il ne serait pas convoqué pour ce match et qu’il lui souhaite bonne chance pour la suite de sa carrière. La saison va se finir à Berlin, et cette fois Pep a choisi la patience, le contrôle ; ses idées en fait…

À la veille du match, Alaba se blesse dans un choc avec Ribéry, ce qui oblige Guardiola à changer les hommes. Il va demander à Rafinha s’il se sent capable de jouer latéral gauche ; il acquiescera sans broncher. Et pour le remplacer à droite, ce sera le jeune Højbjerg. Le match commence : dans les tribunes, la domination des supporters de Dortmund est indiscutable, mais sur le terrain ce sont les bavarois qui vont prendre les choses en main. Dortmund n’arrive pas mettre en place des contres. La malchance frappe encore le Bayern quand Lahm se blesse et doit être remplacé par Ribéry (peu de solutions sur le banc) qui va jouer dans l’entrejeu. Il le fera très bien avant d’être repositionné plus haut, au sein d’une bataille tactique qui fait rage entre Guardiola et son homologue Jurgen Klopp.

La prolongation démarre et de nombreux joueurs du Bayern sont blessés. Malgré cela, ils possèdent toujours le contrôle du match et vont prendre l’ascendant grâce à un but de Robben intervenu suite à une interception haute de Boateng. Dortmund mènera une série d’attaques infructueuses ensuite avant que Muller ne scelle la victoire à la 122ème minute de jeu. Les célébrations habituelles (à base de bières, etc…) peuvent reprendre et les joueurs se montrent particulièrement heureux de leur revanche prise sur la défaite de demi-finale de C1 et du triomphe des idées de Pep.

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